Harvest renforce sa solidité et accélère en Europe

Les acteurs
Outils
TAILLE DU TEXTE

Malgré la cyberattaque dont Harvest a été victime l’année dernière, Delphine Asseraf, sa directrice générale adjointe, dresse un bilan positif de l’année écoulée entre amélioration des outils en continu et acquisitions en dehors de nos frontières. Entretien.


Delphine Asseraf, directrice générale adjointe d’Harvest.
Delphine Asseraf, directrice générale adjointe d’Harvest.

Investissement Conseils : Quasiment un an après, quel bilan pourriez-vous tirer de la cyberattaque dont Harvest a été victime ?

Delphine Asseraf : En effet, le 27 février dernier nous subissions cette crise de cybersécurité, la première de l’histoire d’Harvest, et qui émanait d’une faille d’un de nos prestataires. Nos équipes et nos clients ont bien réagi, et nous avons pu compter sur le soutien de la Place.

Nous avons décidé d’adopter une posture de transparence et avons réalisé de nombreux retours de cette expérience jusqu’en fin d’année dernière. Vis-à-vis de notre écosystème, et alors qu’il ne se passe plus une semaine sans qu’une entreprise ne soit touchée, c’était même pour nous un devoir de citoyen de partager notre expérience pour faire émerger les bonnes pratiques, aussi bien auprès de nos clients que des associations professionnelles et de nos régulateurs.

Nos clients reconnaissent notre solidité. Certains nous auditent et nous ont audités. Cette crise a aussi révélé à la Place la nécessité de renforcer les réseaux et les contrôles d’accès, ainsi que la nécessité de collaborer avec des partenaires expérimentés et ayant la capacité d’investir massivement dans la sécurité informatique. Nos investissements dans ce domaine, ainsi que nos efforts de pédagogie sont d’ailleurs reconnus par la Place.

Outre cette crise, quel bilan pourriez-vous tirer ?

2025 a été une belle année de dynamique commerciale et d’expansion à l’international.

En France, nous avons renforcé la proximité que nous entretenons avec nos clients car nous avions ressenti ce besoin d’échange entre clients et partenaires, mais aussi entre pairs. Une trentaine d’événements, à Paris et en province, ont été organisés pour et avec les conseillers en gestion de patrimoine, mais aussi beaucoup de webinaires, quasiment un par semaine, sur la prise en main des outils. Nous avons également fait évoluer l’ensemble de notre gamme.

En Europe, nous avons acquis en mars 2025 la société Fincite basée en Allemagne. Cela nous permet d’accéder à ce marché en disposant d’une solution autour du conseil financier (parcours client, profilage, construction de portefeuille, suivi, optimisation et reporting). Cette acquisition est stratégique pour Harvest, car elle permet de nous implanter localement sur un marché important du Wealth Management en Europe.

Quelles ont été les évolutions au sein de votre gamme ?

Il s’agit tout d’abord de notre offre de formations déployée par Harvest Fidroit Academy et pilotée par Catherine Orlhac depuis plus de deux ans désormais. Ce sujet me tient particulièrement à cœur, car notre offre de formation est notre contribution au développement de notre marché de la gestion de patrimoine, pas uniquement via la prise en main des outils, mais aussi sur l’expertise métier. D’une part, nous avons renouvelé notre catalogue de formations, une offre qui doit vivre en permanence pour coller aux besoins des professionnels. De nouveaux modules ont été créés ou modernisés sur la finance durable, l’allocation d’actifs, la transmission des entreprises familiales…

D’autre part, deux nouveaux parcours ont été développés : un premier, qui fait l’objet d’un label, sur l’interprofessionnalité, avec trois journées sur les trois corps de métier que sont les CGP/multi-family offices, les experts-comptables et les professionnels du droit ; et un second avec Sud Expertise pour les experts-comptables.

Du côté des outils, nous avons amélioré pour les clients finaux les éditions des rapports de Big, lesquels étaient jugés austères. Totalement refondus aujourd’hui, ils ont toujours pour vocation à être synthétiques et pédagogiques.

Nous avons également poursuivi le déploiement de l’IA au sein de Fidnet avec un assistant IA. Ici, contrairement à d’autres outils, l’intelligence artificielle ne s’applique pas uniquement aux textes publics, mais aussi au contenu produit par notre quinzaine d’ingénieurs patrimoniaux. Intégrer l’IA à leurs analyses nous permet de déployer une offre à très forte valeur ajoutée, comprenant également des éléments différenciants comme des graphiques et schémas.

O2S a aussi évolué, notamment par l’intégration de l’IA sur le contrôle de documents et les parcours client (aussi bien pour les personnes physiques que morales). En matière d’agrégation, nous proposons une « météo » qui vise à identifier la fiabilité des flux des données financières transmises par les établissements. Autre innovation parmi d’autres, la création de reportings plus détaillés sur les produits structurés chez Feefty.

Ces deux dernières années, la concurrence s’est renforcée pour Harvest en France avec l’émergence de nouveaux acteurs…

Cette concurrence a toujours existé et elle est nécessaire. Elle oblige à se poser les bonnes questions. Chez Harvest, nous cherchons à agir comme si nous étions un challenger, ce qui nous conduit à toujours rechercher le meilleur pour nos clients et à nous confronter au terrain.

Pour autant, en tant qu’acteur incontournable, notre force repose sur deux points : notre capacité à investir, notamment en matière de sécurité, et notre capacité à faire évoluer nos produits. En effet, notre taille nous permet de proposer des outils à jour en permanence, par exemple dès le premier jour de l’application d’une loi de finances. Ces deux éléments sont fondamentaux pour sécuriser l’activité des conseillers en gestion de patrimoine, et nous en avons pleinement conscience. Les outils doivent toujours être des leviers d’optimisation de l’activité de nos partenaires, jamais des freins.

Notre taille nous permet d’être résistant et solide dans la durée, ce depuis trente-six ans, cela au bénéfice du marché de l’épargne et des familles.

Quels sont vos objectifs pour cette année qui vient de débuter ?

Nous avons toujours vocation à nous étendre en Europe, sur des pays limitrophes à la France.

Nous venons d’annoncer l’acquisition de la société Firstance en Italie, qui propose des solutions de souscription digitalisée de contrats d’assurance-vie et qui est présente dans sept pays européens. Notre volonté est de construire des solutions européennes, notamment sur la partie réglementaire (entrée en relation, parcours client…) et l’analyse de portefeuille.

Pour nos clients français, nous sommes guidés par l’adaptation de nos outils à leurs besoins et à leurs retours d’expérience.
Par exemple, nous allons remodeler notre approche du profil investisseur, en distinguant davantage ce qui relève de l’expérience ou de la compétence du client. Sur Big, nous allons intégrer la synthèse client en provenance de Fidnet… Chaque responsable produit dispose d’une roadmap d’évolutions à apporter et qui sont annoncées aux utilisateurs.

Articles sélectionnés pour vous

logo lbf

Sociétés citées