Une troisième voie pour les CGP

Les acteurs
Outils
TAILLE DU TEXTE

Value, tel est le nom de ce nouvel acteur qui vise à fédérer les cabinets de moins de 100 millions d’euros d’encours, tout en leur laissant la majorité capitalistique. Adossée à Theseis, la société créée par Yann Pelard (ex-groupe Premium notamment) et Thomas Givry (ancien CGP et fondateur de Papisy) vise les 5 milliards d’euros d’encours à moyen terme.

Une troisième voie pour les CGPInvestissement Conseils : Pour quelles raisons avez-vous décidé de lancer Value ?
Yann Pelard : Thomas Givry et moi avons décidé de fonder Value, en compagnie de Talis, un family office propriétaire de la plate-forme Theseis, afin de proposer une troisième voie aux cabinets de CGP. En effet, les conseillers en gestion de patrimoine qui souhaitaient donner un nouvel élan à leur structure avaient, jusqu’ici, le choix entre intégrer un groupement ou s’adosser à l’un des consolidateurs du marché. Or les groupements sont en perte de vitesse… S’ils optent pour la seconde option, ils perdent leur indépendance, puisque les plates-formes de consolidation prennent systématiquement la majorité capitalistique, voire la totalité avec un réinvestissement du CGP au sein de la holding. Avec Value, les CGP conservent leur indépendance. Notre prise de participation se limite à 30 %, ce qui leur permet de réaliser une partie de cash-out, alors que les valorisations sont aujourd’hui à un niveau très élevé. Ils réinvestissent également au sein du groupe et bénéficient ainsi de la croissance de Value. Par cette participation croisée, les intérêts de chacune des parties sont totalement alignés. Ce schéma leur garantit de conserver leur indépendance et la gouvernance de leur cabinet, avec une offre toujours en architecture ouverte.

Quel type de structure visez-vous ?
Ici aussi, nous nous distinguons des consolidateurs, puisque nous ciblons les cabinets spécialistes de la protection sociale et les cabinets de gestion de patrimoine dont les encours se situent entre 20 et 80 millions d’euros, avec qui nous partageons la même éthique client. En ciblant ce type de structure, Value s’adresse potentiellement à 95 % des cabinets de gestion de patrimoine français. Et il ne s’agit pas forcément de cabinets vendeurs, mais de réels entrepreneurs qui cherchent à casser leur plafond de verre. En revanche, nous ne cherchons à racheter des structures dont le dirigeant partirait à la retraite.

Quels services proposez-vous aux structures qui vous rejoignent ?
Value a été créé avec la plate-forme Theseis, spécialiste de la gestion de patrimoine et plus particulièrement de l’immobilier, qui collabore déjà avec trois-cent-cinquante mandataires (via Liins), salariés (IFB) ou indépendants (Aktif+). Value sera donc la quatrième branche de Theseis, celle qui s’associe aux cabinets. Nous nous appuyons sur leurs équipes déjà bien structurées (environ quarante-cinq collaborateurs) notamment en matière de back-office, d’ingénierie patrimoniale, conformité ou encore de formation et d’outils de gestion de cabinet qui ont déjà fait leurs preuves. Nous pouvons également les accompagner dans la sélection de leurs produits et des partenaires avec qui ils souhaitent collaborer. Par ailleurs, nous souhaitons leur proposer une montée en puissance dans l’expérience client technologique. En effet, l’exigence client augmente chez chacun d’entre nous et, seul, le CGP ne peut y apporter une réponse de haut niveau. Cela vaut également pour les CGP que nous allons équiper d’outils performants, exploitant des données de qualité, tout en intégrant l’intelligence artificielle. Ceci est désormais indispensable pour gagner du temps, augmenter le niveau de satisfaction de la clientèle et, au final, soutenir la croissance des cabinets. Enfin, par l’effet taille, nous proposons également des protocoles de distribution et des produits de meilleure qualité auxquels, seuls, ils ne pourraient pas accéder de façon isolée.

Quels sont vos objectifs à moyen terme ?
Nous devrions intégrer de premiers cabinets dès juin prochain. Notre volonté est de nous associer à une trentaine chaque année, et d’atteindre les 4 à 5 milliards d’euros d’encours d’ici quelques années. Pour y parvenir, nous pouvons nous reposer sur notre actionnaire Talis qui connaît bien le marché et va nous soutenir sur le temps long.

Articles sélectionnés pour vous

logo lbf

Sociétés citées