Le cumul emploi-retraite moins intéressant

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Sans bruit, l’article 102 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a laminé le dispositif du cumul emploi-retraite qui avait été sensiblement libéralisé par la réforme de 2023. Jusqu’ici, toute personne liquidant sa pension à son taux plein pouvait cumuler sans plafond de revenus sa retraite et ses nouveaux revenus d’activité, ces derniers étant en plus source de droits à retraite supplémentaires. Il n’en ira plus ainsi à compter du 1er janvier… 2027.
Les nouvelles règles
Il faudra alors distinguer trois situations. Avant l’âge légal de départ à la retraite (variable selon les générations), tout revenu d’activité perçu entraînera une réduction de la pension de retraite à due concurrence, dès le premier euro. Ce mécanisme vise les bénéficiaires d’un départ anticipé pour carrière longue, pour les dissuader de toute reprise d’activité. Deuxième situation : entre l’âge légal de départ à la retraite et 67 ans, qui est l’âge automatique du taux plein, le cumul emploi-retraite sera soumis à certaines modalités. Ainsi, lorsque les revenus d’activité dépasseront un certain montant, la pension de retraite sera réduite à hauteur de 50 % de la part excédentaire. Il faudra suivre avec attention les seuils fixés par décret pour mesurer l’étendue de cette règle qui instaure une sorte de cumul emploi-retraite partiel. Et à compter de 67 ans ? C’est la troisième situation, dans laquelle le cumul emploi-retraite redevient tel qu’il existe actuellement (pas de plafond de revenus et nouveaux droits) dès lors qu’on liquide sa retraite à taux plein.
Fenêtre de tir
En somme, le dispositif du cumul emploi-retraite sera prochainement hiérarchisé selon l’âge, avec un recentrage assumé sur les fins de carrière tardives. Toutefois, aux yeux des experts en conseil retraite, il perd beaucoup de son intérêt. Si quelques éléments restent à préciser, notamment l’articulation de cette réforme entre les régimes de base et les régimes complémentaires (Agirc-Arrco principalement) ou encore les règles spécifiques à certains régimes spéciaux ou statuts professionnels, un point est, en revanche, certain : la réforme s’appliquera aux assurés dont la première pension de vieillesse de base prendra effet à compter du 1er janvier 2027. La réforme validée n’étant pas rétroactive, les retraités actuels faisant du cumul ne sont pas concernés par les nouvelles règles. Et tous ceux qui prendraient leur retraite à taux plein en 2026 pourraient aussi profiter du dispositif actuel.
Passé cette fenêtre de tir de 2026, les stratégies bâties pour gérer les fins de carrière devront être revues. Une analyse fine et personnalisée sera vraiment nécessaire pour jongler avec d’autres solutions, tels le rachat de trimestres, la retraite progressive ou la surcote, mais aussi avec des dispositifs d’épargne individuelle, en premier lieu le PER pour les personnes fortement imposées.

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