Bâtir le champion du marché des outils patrimoniaux

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Créé en 1989, Harvest a mis le cap vers ta croissance externe et le marché européen en signant les acquisitions de deux acteurs majeurs du marché français, Fidroit, puis Quantalys, en moins d’un an. Virginie Fauvel, sa CEO depuis septembre 2020, nous livre sa stratégie, ses objectifs de développement et les premières conséquences de ses opérations pour les utilisateurs de ses différentes solutions.

Investissement Conseils : Après Fidroit en novembre 2020, Harvest a annoncé l’acquisition de Quantalys en juin dernier. Quels sont vos objectifs ?

Virginie Fauvel : Cette stratégie de croissance externe entre dans le cadre de notre plan stratégique de développement Conquête 2025, dont l’objectif est de faire franchir un cap à notre belle ETI en construisant un champion français du marché européen des logiciels patrimoniaux et financiers, ce par croissance externe et organique. Ce plan a également comme objectif de faire du groupe Harvest une société joyeuse et désirable pour attirer des collaborateurs de talent, mais aussi d’être une entreprise ayant une forte culture du service rendu aux clients. Aujourd’hui, nous constatons que notre marché est atomisé avec de nombreux petits acteurs et d’autres d’une taille équivalente à la nôtre et, surtout, toujours très orientés sur leur marché domestique.

Dans notre industrie, il est aujourd’hui nécessaire d’atteindre une certaine taille critique pour faire face à des enjeux de réglementation – nous sommes en effet régulés par l’ACPR en France -, de sécurité informatique et de technicité métier. Notre volonté est ainsi de devenir, d’ici 2025, la plate-forme de consolidation du marché au niveau européen. Quantalys nous permet d’accéder à cette dimension européenne, puisque la société est déjà bien présente en Italie, avec une dizaine de salariés à Milan, mais la société est aussi active en Belgique, Suisse, Luxembourg… Notre volonté est d’abord de s’implanter sur les marchés allemand, belge, suisse, luxembourgeois, italien, puis, dans un second temps, espagnol, portugais, britannique et Scandinave.

Pour vos clients professionnels du patrimoine, quels sont vos principaux axes de travail actuellement ?

Il s’agit tout d’abord de bâtir des API entre tous les outils de la gamme pour qu’ ils communiquent entre eux, car nous sommes convaincus que nos clients ne souhaitent plus ressaisir les données de leurs clients d’un logiciel à l’autre, ce qui évite également les erreurs de saisie. En 2021, l’ensemble de nos outils – Harvest, Fidroit. Quantalys – communiqueront ensemble et de façon indolore pour le professionnel du patrimoine. Ensuite, nous continuons à passer l’ensemble de nos solutions en mode SaaS. C’est d’ores et déjà le cas pour l’outil Clickimpôt, puis plus tard du logiciel phare d’Harvest, Big Expert, dont la nouvelle version est actuellement en test et sera livrée d’ici la fin de l’année.

Outre ses aspects structurants pour nos produits, des synergies évidentes entre les outils se mettent en place : les informations sur les fonds de Quantalys sont basculées sur 02S, tout comme les portefeuilles modèles et les outils de suivi de la bonne adéquation entre les profils de risque et les portefeuilles.

Toutes interactions vont également permettre d’enrichir les fonctionnalités de MoneyPitch, notre outil de consolidation des comptes destinés aux clients finaux. De son côté, Big Expert est progressivement enrichi par les fiches pratiques de Fidroit et 02S intègre des solutions de Fidroit, notre gamme de formations s’est élargie, la Patrithèque et Fidnet s’enrichissent mutuellement… Nous allons également faire converger les offres Business Link accessible à partir d’ 02S et de Quantalys qui concernent la communication entre nos outils et les extranets des différents fournisseurs (SCPI, contrats d’assurance-vi e, Private Equity…) pour les parcours de souscription de produit, d’arbitrage, de versement, retraits… Au-delà de ces enrichissements produits, les sociétés gagnent également en structuration du point de vue des ressources humaines, financier, marketing, communication ou encore commercial.

Quel type de société pourriez-vous acquérir prochainement ?

Nous observons le marché dans son ensemble, mais nous avons des exigences en ternies de taille et de sécurité informatique. Tous les acteurs peuvent nous intéresser dès lors qu’il existe un intérêt en termes de solution pour nos clients que nous n’aurions pas encore développées en interne et que la société a un pied au niveau européen.

Que manque-t-il à Harvest au niveau français ?

Il ne manque pas grand-chose… Il faut savoir que nos solutions sont extrêmement larges aujourd’hui, avec des offres en matière de crédit, de formations, d’agrégation des comptes, de gestion de la relation client, etc .Nous équipons 70 % des conseillers en gestion de patrimoine, 100 % des établissements bancaires et d’assurance.

Pourriez-vous unifier les noms de vos différentes activités ?

Non, car nos trois marques – Fidroit, Harvest et Quantalys – ont beaucoup de valeurs sur leurs marchés respectifs et leurs clients. En revanche, nous devrions changer de nom pour la holding, avec une connotation qui parle à l’international. Par ailleurs, nos outils, comme 02S ou encore Big entre autres, pourraient également évoluer pour être plus signifiants et apporter davantage de lisibilité à notre offre.

Un mot sur votre actionnariat ?

Harvest est sortie de la cotation l’an passé. Rothschild Five Arrows est notre actionnaire majoritaire et détient plus de 60 % du capital.Sa volonté est d’être à nos côtés sur le long terme pour nous permettre de déployer notre plan de conquête européen. Cela nous apporte de la solidité et un schéma actionnarial simple qui nous permet de prendre des décisions rapidement.

Pourriez-vous nous donner quelques chiffres sur le groupe Harvest après vos différentes acquisitions ?

Depuis décembre 2019, nous sommes passés de deux cent soixante-dix collaborateurs à quatre cent aujourd’hui, et de 31,9 millions d’euros de chiffre d’affaires à plus de 50 millions d’euros. Il s’agit d’un projet de croissance: aucun licenciement n’a été prononcé; nous avons même recruté près de cinquante nouveaux salariés depuis mon arrivée en septembre 2020. Aujourd’hui, deux cent cinquante de nos salariés sont entièrement dédiés à la technologie : nos solutions sont totalement conçues en interne, avec des spécialistes des métiers du patrimoine. Une centaine d’autres salariés sont des experts métier en droit, retraite, finance… D’ici 2050, notre objectif est de réaliserplus de lOOmillions d’euros de chiffre d’affaires et d’être déjàbien implanté sur trois à quatre pays européens, en plus de l’Hexagone.

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