Une UC dédiée aux infrastructures à impact

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Spécialiste des investissements à impact, Swen Capital Partners a récemment ouvert son offre dédiée aux infrastructures à la clientèle privée, avec en corollaire le lancement d’une unité de compte (UC) dédiée à cette thématique. L’occasion de rencontrer Xavier Le Blan, son directeur innovation et gestion privée.

Une UC dédiéeInvestissement Conseils : Pourriez-vous nous présenter rapidement Swen Capital Partners ?
Xavier Le Blan : Swen Capital Partners est une société de gestion spécialisée dans le capital-investissement et les infrastructures à impact, plus particulièrement en matière environnementale. Entreprise à mission, nous opérons dans le domaine de la méthanisation, des énergies renouvelables, de la préservation des océans ou bien encore de l’agriculture sur la régénération des sols, entre autres. Par exemple, nous venons de lancer Swen Terra, un fonds professionnel de capital-investissement (FPCI) dont l’ambition est de favoriser la restauration des sols afin de lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité. Nous opérons à la fois en direct dans les entreprises ou des projets et en multigestion, et nous comptons près de 10 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Ces encours sont répartis de façon équilibrée entre les stratégies d’infrastructures et de Private Equity, et à 70 % en multigestion et 30 % en direct. En multigestion, nous investissons de façon équilibrée entre fonds d’investissement primaire, de secondaire et des co-investissements. D’ailleurs, nos fonds ouverts sont gérés de cette façon afin de lisser la courbe en J de nos performances et pour une bonne diversification des risques. La société est détenue à 50 % par Ofi Invest AM, société de gestion d’Aéma groupe, dont font partie la Macif, Abeille et Aesio Mutuelle, à 40 % par le Crédit mutuel Arkéa et à 10 % par une cinquantaine de collaborateurs de Swen CP.

Depuis quelques années, vous vous êtes ouverts à la clientèle privée. Pour quelles raisons ?
Tout à fait, depuis 2022 nous avons décidé d’ouvrir notre stratégie sur les infrastructures, car très différenciante sur le marché. Aujourd’hui, cette clientèle représente 250 millions d’euros d’encours, à 50 % via des family offices et à 50 % via une clientèle plus retail. Nous avons tout d’abord proposé une offre à destination de la clientèle fortunée, sous format FPS accessible à partir de 100 000 euros. Plus récemment, nous avons élargi l’accessibilité de notre offre en lançant un fonds commun de placement à risques (FCPR) éligible à l’assurance-vie, toujours dans le domaine des infrastructures, car l’essentiel de l’épargne financière des Français est logé dans cette enveloppe. Les infrastructures sont une thématique qui plaît aux investisseurs car très concrète, elle répond aux besoins essentiels de chacun. Les actifs visés concernent aussi bien les infrastructures existantes et opérationnelles dites « brownfield » que les infrastructures en cours de développement dites « greenfield ».

Quels sont les fonds aujourd’hui accessibles aux particuliers ?
Il s’agit tout d’abord du fonds professionnel spécialisé (FPS) Swen Exclusive Infrastructures 2, accessible à partir de 100 000 euros. Il s’agit du second millésime qui investit de la même façon que notre offre ouverte aux investisseurs institutionnels. Son portefeuille cible est constitué à 50 % de fonds primaires et de secondaire, et à 50 % de co-investissements. Notre volonté est de rapidement déployer ce fonds, comme pour le précédent qui l’avait été en totalité au bout de dix-huit mois et avec seulement trois appels de fonds. En effet, l’investissement dans les infrastructures s’envisage sur le temps long, d’où la nécessité de rapidement mettre l’argent au travail pour pouvoir réaliser de premières distributions avant le cinquième anniversaire du fonds. Même s’il s’agit d’une stratégie de long terme, il est primordial pour nous de démontrer qu’elle répond aux attentes de la clientèle patrimoniale. Par ailleurs, notre FCPR Swen Select Infrastructures éligible à l’assurance-vie et au plan d’épargne-retraite (PER) investit directement dans des projets d’infrastructures, ainsi que dans des fonds dédiés au financement d’infrastructures. Dans les deux cas, il s’agit d’une approche généraliste sur les infrastructures, avec près de 45 % d’investissement dans le domaine de l’environnement et des énergies renouvelables (solaire, éolien, centre d’incinération, hydrogène, etc.), puis des investissements dans la mobilité, défi majeur de la décarbonation de nos économies (électrification, rail, etc.), les télécoms (data centers, tours télécoms, fibre optique, etc.), ainsi que les infrastructures sociales et publiques (transfert d’énergie, installations de traitement d’eau et de déchets, campus, etc.). En revanche, le FCPR sera plus diversifié : nous visons à constituer un portefeuille contenant plus de cent-cinquante actifs d’ici trois ans, contre près de quatre-vingt pour le premier millésime de notre FPS.

Quelles sont les conditions de liquidité du FCPR ?
L’assureur s’engage sur la liquidité. Néanmoins, il existe un blocage sur les cinq premières années, hors cas de décès ou d’invalidité, tout en gardant à l’esprit que la durée d’investissement recommandée est de huit ans, ce qui correspond parfaitement aux enveloppes PER et assurance-vie. Valorisé de façon hebdomadaire, le fonds dispose d’une poche de 10 % de liquidités et, au bout de cinq ans, nous travaillons à ce que nous puissions pouvoir faire face à des rachats de l’ordre de 20 à 25 % de l’actif du fonds. Cette unité de compte est aujourd’hui disponible sur les contrats de Macif et d’Abeille Assurances, mais son référencement va être progressivement élargi à d’autres assureurs. En effet, certains d’entre eux ont été « traumatisés » par la crise de liquidité immobilière ; mais si cette question est centrale, l’enjeu principal pour les actifs non cotés reste la capacité du gérant à déployer son capital et à délivrer de la performance. Notre stratégie qui consiste à investir en secondaire en est une réponse possible.

Quel rendement visez-vous pour ces deux fonds ?
Pour notre fonds professionnel, le TRI cible se situe entre 9 et 11 %. Quant au FCPR, nous visons un rendement net supérieur à 6 % par an.

Comptez-vous proposer d’autres fonds aux épargnants et comment accompagnez-vous vos partenaires distributeurs ?
Nous élargirons l’accès aux épargnants à nos expertises de Private Equity de façon opportuniste, soit via des plates-formes de distribution dédiée, soit en unité de compte. Pour nos partenaires distributeurs, nous disposons d’une équipe dédiée de deux personnes sur le terrain et nous nous appuyons également sur la force commerciale de notre actionnaire Ofi Invest AM. Par ailleurs, nous pouvons les former, ainsi que leurs clients, sur nos sujets et nos produits via des sessions, également accessibles en e-learning.

Quelles sont vos ambitions à moyen terme vis-à-vis de la clientèle privée ?
Nous comptons renforcer nos liens avec les assureurs car il est selon nous naturel que nos thématiques soient mises à leur disposition. Sur notre FCPR, nous visons les 300 millions d’euros d’encours d’ici trois à cinq ans, tout en restant vigilants sur la qualité de nos performances, donc en déployant nos capitaux selon nos capacités d’investissement. Suite à la loi industrie verte, l’intégration de l’unité de compte Swen Select Infrastructures dans les grilles de gestion pilotée des assureurs pourrait d’ailleurs nous permettre de compter sur des flux significatifs. Notons que ce FCPR suscite également beaucoup d’intérêts des acteurs de l’épargne salariale. Cette dernière permet d’attirer un plus grand nombre d’investisseurs que le PER qui, finalement, ne concerne que les personnes fortement fiscalisées. Dès lors que nous élargirons notre gamme dédiée à la clientèle privée à nos solutions de Private Equity, nous viserons le milliard d’euros d’encours sur cette clientèle.