En septembre 2023, CNP Patrimoine lançait CNP Alysés, une plate-forme dédiée aux cabinets de conseil en gestion de patrimoine. Claire Soulairac-Mattera et Laurent Chapalain, respectivement directrice de la clientèle patrimoniale pour la France et directeur de la stratégie offres et services, nous rappellent les ambitions de l’assureur sur ce segment de distribution et ses éléments de différenciation.
Investissement Conseils : Après un peu plus de deux années d’activité auprès des cabinets de gestion de patrimoine, quel bilan pouvez-vous tirer du lancement de CNP Alysés ?
Claire Soulairac-Mattera : 2025 a été une véritable année d’accélération de notre activité, en doublant le nombre de nos conventions de distribution signées, en enregistrant une hausse de notre collecte de plus de 80 % et de 200 % des affaires nouvelles, et en proposant une plate-forme qui continue d’offrir un service digitalisé et en évolution permanente. 2025 nous a donc permis de consolider notre cap et de nous affirmer comme un partenaire durable pour les CGP. Ces derniers sont particulièrement satisfaits de la proximité et des moyens que nous mettons à leur disposition. Ce segment de distribution est stratégique pour nous et c’est avec eux que nous co-construisons les outils et services qui répondent à leurs attentes.
Laurent Chapalain : Nous sommes en effet le seul assureur dont l’ensemble des parcours de souscription et de transaction sont digitalisés, que ce soit pour les contrats de droit français ou luxembourgeois. Aujourd’hui, sur nos 2,8 milliards d’euros collectés par l’activité patrimoniale sur l’assurance-vie française, les CGP commencent à prendre une part significative : plus de 10 %. Sur nos contrats luxembourgeois, l’ordre de grandeur est équivalent, pour une collecte globale de 2,4 milliards d’euros. Notre volonté reste de mettre à leur disposition l’exigence de qualité que nous mettons en œuvre depuis plus de dix ans auprès de nos autres partenaires, banques privées et cabinets de family offices.
Quels services proposez-vous aux CGP ?
L. C. : Il s’agit notamment de la formation. Des sessions validantes DDA ont été organisées dans toute la France. Si nous pensions accueillir autour de mille conseillers, ce sont finalement deux mille cinq cents qui ont assisté à nos formations, en présentiel et en distanciel. Deux grandes sessions (quinze heures de formation validées) se tiennent chaque année, et proposent un regard croisé entre la finance et l’ingénierie patrimoniale. Avec des sociétés de gestion, nous organisons également des road-shows en région (soixante-dix l’an passé), mais aussi des webinaires régulièrement. Notre équipe d’ingénieurs patrimoniaux, qui conçoit ces formations, est d’ailleurs à leurs côtés pour les accompagner dans leurs dossiers complexes.
C. S.-M. : Nous disposons également d’une grande agilité en matière de référencement de nouvelles UC que nous tirons de notre savoir-faire auprès des banques privées et family offices. Ce point est fondamental vis-à-vis de la typologie de clients patrimoniaux adressée par les CGP, avec une part d’UC très élevée. Outre les produits de campagne des émetteurs, nous sommes ainsi en capacité de référencer rapidement des produits structurés de tous types (actions, taux, inflation, devise, crédit). Plus de sept cents l’ont été l’an passé, en cinq jours ouvrés maximum. Par ailleurs, le seuil de référencement – à partir de 100 000 euros – est particulièrement attractif et, via nos clubs utilisateurs, nous sommes en capacité de co-construire des solutions sur mesure avec eux et de réaliser les appels d’offres. Cela est très facilitant pour l’activité de nos partenaires, car les structurés représentent plus de 25 % de notre collecte actuelle. Après le succès des produits de taux à capital garanti, la typologie des produits évolue actuellement, avec de plus en plus de produits indiciels. Par ailleurs, l’intégration régulière de nouveaux OPC et fonds d’actifs non cotés fait également partie de l’ADN de notre Business Unit.
Un mot sur votre offre d’UC d’actifs privés ?
L. C. : Sur nos contrats français, l’offre sur les actifs non cotés se veut très diversifiée : immobilier, infrastructure, dette privée, Private Equity. Nous nous singularisons en offrant l’accès de façon exclusive, au moins temporairement, à certaines solutions, comme récemment Tikehau Défense et Sécurité ou encore Eiffel Private Credit. Nous disposons également d’un fonds de cœur de portefeuille, CNP Infrastructures Durables. Sur nos contrats luxembourgeois, l’offre est plus diversifiée.
Que proposez-vous comme offre boostée sur votre fonds en euros ?
C. S.-M. : L’offre 2026-2027 est dans la même dynamique que celle de l’an passé. Sous certaines conditions, notre offre sur versement se cumule au bonus sur encours, dans la limite d’un plafond maximum de participation aux bénéfices de 5,50 % brut et d’un taux d’unités de compte annuel moyen supérieur ou égal à 55 %.
Quelles sont vos nouveautés à venir ?
C. S.-M. : D’ici Patrimonia, nous lancerons un nouveau contrat retraite, pensé pour être véritablement différenciant sur le marché, tant par l’accès à une offre financière innovante que par les services associés. Notre ambition est d’accompagner les CGP dans un segment en pleine évolution, où les attentes des clients finaux se renforcent. Nous souhaitons nous positionner comme leur partenaire dans la montée en expertise retraite, afin de leur permettre de capter davantage d’affaires nouvelles et de développer ce relais de croissance stratégique. Pour cela, nous construirons un parcours pédagogique complet, conçu pour les aider à aborder ce marché avec confiance et efficacité. Les premières sessions de formation dédiées à la thématique de la retraite débuteront dès le second semestre Dans les prochaines semaines, nous allons enrichir notre outil de suivi du dossier patrimonial. Un outil qui propose la traçabilité en temps réel de l’évolution des dossiers jusqu’à leur exécution et intégrera l’échange sécurisé des pièces en instance.
L. C. : Si le digital est synonyme de gain de temps, l’humain, notamment en région, permet de gagner la confiance. C’est pourquoi, pour accompagner notre croissance, nous allons recruter cinq nouveaux collaborateurs dédiés aux CGP. Nos inspecteurs régionaux sont accompagnés par un pôle relation partenaires qui répond aux questions quotidiennes des conseillers, et nous leur avons également mis en place un middle-office dédié. Enfin, en lien avec notre ADN de proximité, nous allons proposer un panel de services digitaux liés à la personne du CGP et de ses équipes, que nous proposons déjà à nos collaborateurs, autour du bien-être (santé, prévention, dépendance). Il s’agira d’être une sorte de comité d’entreprise du CGP via la possibilité d’obtenir des téléconsultations médicales en soixante-douze heures par exemple. Avec nous, le CGP, qui est le plus souvent à la tête d’une petite entreprise, enrichit son dispositif social. L’objectif est de faciliter leur quotidien et de nous intéresser à la femme ou à l’homme qu’est notre partenaire.
Quels sont vos objectifs sur le marché des CGP ?
C. S.-M. : Ils sont élevés et nos investissements sont à la hauteur de nos ambitions puisque notre volonté est de devenir un leader sur ce segment de distribution, aussi bien sur l’assurance-vie patrimoniale que sur la retraite. A terme, nous comptons collecter un milliard d’euros chaque année via les CGP. Pour cela, nous avons vocation à collaborer avec l’ensemble des cabinets de CGP, de celui ayant des encours de quelques millions d’euros aux consolidateurs qui pèsent plusieurs dizaines de milliards d’euros d’actifs sous gestion.
Pourriez-vous prendre une participation au sein d’un des consolidateurs du marché des CGP ?
L. C. : Cela est envisageable car nos objectifs globaux sont élevés : notre volonté est d’augmenter significativement nos encours en France comme au Luxembourg. Pour cela, outre la conquête de nouveaux marchés comme celui des CGP, nous ne nous interdisons donc pas de recourir à la croissance externe.
