Le groupe Inter Invest devient Elvest

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Après avoir élargi ses activités, notamment récemment avec le courtage en produits structurés, le groupe poursuit progressivement sa mue depuis une dizaine d’années. Rencontre avec son président-directeur général, Benoît Petit. 

Le groupe Inter Invest devient ElvestInvestissement Conseils : Pour quelles raisons avez-vous décidé de changer l’identité de votre groupe ?
Benoît Petit : L’évolution de notre dénomination est l’aboutissement d’une transition opérée depuis mon arrivée en 2015. Elle vient valider une stratégie qui a porté ses fruits. Il y a plus de dix ans désormais, j’avais pour ambition que notre société élargisse ses activités et qu’elle devienne un acteur crédible sur d’autres classes d’actifs que la défiscalisation en loi Girardin industriel. En effet, nous ne pouvions nous reposer que sur une disposition législative susceptible de changer d’une année sur l’autre, tout en reconnaissant que la défiscalisation n’est pas une matière forcément appréciée de tous les investisseurs et des pouvoirs publics. Progressivement, nous avons donc élargi nos savoir-faire et, depuis deux années consécutives, nous collectons davantage sur nos activités de Private Equity, via notre société de gestion Elevation Capital Partners, que sur nos solutions à impact fiscal. C’est donc la preuve que notre mutation est réussie et que nous sommes devenus un acteur diversifié, solide et crédible sur l’ensemble de ses métiers. Ce changement de nom en Elvest – « El » pour Elevation et « Vest » que nous conservons –, est donc une étape naturelle. Pour autant, cela ne signifie pas que nous abandonnons notre identité, puisqu’Inter Invest Outre-Mer demeure notre marque pour nos activités de défiscalisation, auxquelles nous restons toujours attachés. Elvest devient donc le nouveau nom de notre groupe qui compte deux-cent-cinquante collaborateurs (cent-quarante dans l’Hexagone et cent-dix en outre-mer), mais aussi la marque de notre plate-forme distribuant l’ensemble des solutions que nous concevons via Inter Invest Outre-Mer, Elevation Capital Partners, Solvest et Tenest. J’ajoute que notre groupe comporte également une société de financement spécialisée en crédit-bail mobilier, Sofidom, qui, jusqu’ici, opérait en outre-mer et qui va désormais agir dans l’Hexagone.

S’agissant de vos différentes activités,  qu’en est-il de votre offre de défiscalisation en Girardin industriel ?
Nous restons le leader du secteur avec une part de marché d’environ 40 %. Notre offre de plein droit, qui permet aux investisseurs de bénéficier d’une réduction d’IR nous a permis de générer un volume d’affaires de 130 millions d’euros l’an passé, et nous nous attendons à un niveau équivalent cette année. En revanche, l’offre sur agrément sera bien plus conséquente en 2026, passant de 35 millions à 150 millions d’euros. En effet, de gros dossiers vont être débouclés cette année, notamment les financements d’un Airbus, d’un hôtel et d’un bateau.

Qu’en est-il des solutions d’Elevation Capital Partners ?
L’activité d’Elevation Capital Partners est en forte croissance. L’an passé, cette structure a collecté 270 millions d’euros au global, pour un encours de 930 millions d’euros à fin décembre. En capital-investissement, l’offre de multigestion est aujourd’hui bien installée et composée de :
- la gamme Miriad, notre offre de fonds de fonds, dont nous commercialisons aujourd’hui le troisième millésime (FPCI Elevation Miriad III). Après avoir collecté 100, puis 160 millions d’euros sur les deux premiers millésimes, nous visons cette année entre 200 et 250 millions d’euros pour cette stratégie de LBO diversifiée et internationale ;
- le FPCI Secondary, une offre de fonds de fonds de secondaire, dont le deuxième millésime est ouvert à la souscription (FPCI Elevation Secondary II). Le premier a atteint 50 millions d’euros d’actifs ;
- et notre fonds Evergreen, le FCPR Elevation Miriad Vie, éligible à l’assurance-vie et référencé sur les contrats de Suravenir, Generali et Swiss Life. Ce fonds investit dans les fonds flagship Miriad et dispose d’une poche de liquidité d’environ 30 %. Elevation Capital Partners gère une gamme de solutions en direct avec :
- des solutions de capital-croissance Early Growth ou Growth, dont les souscriptions sont aujourd’hui closes ;
- un fonds sur la thématique de la défense éligible au dispositif du 150-0 B ter, le FPCI Elevation Patria ;
- du capital-investissement immobilier, avec le FPCI Elevation Immo Opportunités qui développe une stratégie value added et hôtelière (éligible au dispositif du 150-0 B ter) ;
- le troisième millésime de notre offre sur la thématique Food & Beverage (FPCI Food Invest III) ; - et nos solutions de défiscalisation FIP outre-mer, qui collectent chaque année entre 15 et 20 millions d’euros (actuellement le FIP Outre-Mer Inter Invest n° 6). Elevation Capital Partners est également la société de gestion qui pilote la SCPI Tertiom, dédiée à l’immobilier tertiaire en outre-mer lancée en septembre 2024. Depuis le début de l’année, ce fonds collecte plus 3 millions d’euros chaque mois. Cet attrait s’explique par nos belles performances, avec un taux de distribution de 8,25 % en 2025. Nos partenaires CGP utilisent cette SCPI en tant que solution satellite dans leurs allocations de SCPI. Tertiom investit de façon diversifiée, tant en termes de typologies d’actifs (bureaux, commerces, entrepôts, crèches, etc.), mais aussi géographique avec des biens qui se situent actuellement à La Réunion, en Guadeloupe, Martinique ou encore Guyane. Aujourd’hui, nous investissons sur des actifs, dont les rendements sont compris entre 10 et 14 %, avec des locataires de premier ordre le plus souvent. La prime de risque est donc attractive. Au 9 mars dernier, sa capitalisation s’élevait à 39,2 millions, contre 30,6 millions d’euros à fin décembre. En outre-mer, les opportunités immobilières sont nombreuses et nous pouvons d’ailleurs structurer des clubs deals, comme nous l’avons fait récemment avec l’acquisition du siège social d’Orange à La Réunion pour le compte d’investisseurs institutionnels et de clients de family offices. Cette année, nous allons dépasser le milliard d’encours sur l’ensemble des activités d’Elevation Capital Partners, pour une collecte globale que nous espérons comprise entre 300 et 350 millions d’euros.

En avril 2025 vous lanciez Solvest, votre filiale dédiée aux produits structurés. Comment se sont déroulés ses premiers mois d’activité ?
La première année a essentiellement été consacrée au branchement de nos systèmes avec ceux des banques émettrices, mais aussi des assureurs. Pour 2026, nous comptons émettre pour une centaine de millions d’euros de produits structurés, ce qui, au regard de notre réseau de partenaires, devrait être largement atteignable. Pour cela, nous avons étoffé notre équipe, avec l’arrivée d’Adel Bentousi, qui connaît bien l’univers des CGP, en tant que directeur des partenariats et.

Quel bilan tirez-vous de votre activité bancaire baptisée Tenest ?
La mise en place de notre plate-forme conçue en partenariat avec Shares a malheureusement pris un peu de retard. Elle sera pleinement opérationnelle dans le courant de ce premier semestre pour la commercialisation d’une offre digitalisée de PEA, de compte-titres, mais aussi de notre PER bancaire. L’encours de ce dernier, Mon PER, a progressé de 80 % l’an passé, passant de 40 à 70 millions d’euros. Ici, notre ambition est de doubler de taille chaque année.

Des nouveautés pour cette année ?
2026 sera pour nos différentes entités une année de consolidation. Néanmoins, nous avons pris une participation minoritaire au sein de Mirabelle, une société de financement spécialisée dans le prêt viager hypothécaire, créée par Hugo Jenny et Bastien Davalos. Cette solution sera distribuée par nos équipes, mais aussi René Costes Viager. Il s’agit de proposer à nos partenaires CGP une offre pour financer la retraite de leurs clients âgés ou de leur permettant de jouir d’un patrimoine illiquide à la retraite. C’est aussi un moyen de permettre à leurs clients d’accéder au crédit, alors que, eu égard à leur âge, les banques ne les financent plus, ou encore une solution pour les CGP de protéger leurs encours. De sessions de formations seront proposées à nos partenaires afin qu’ils maîtrisent bien cette offre qui consiste en un prêt représentant 30 à 40 % de la valeur d’un bien immobilier, sans objet, à remboursement in fine avec un paiement des intérêts au fil de l’eau ou au décès de l’emprunteur. En effet, il s’agit d’une solution relativement méconnue et qui fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’ACPR, eu égard à la clientèle visée qui peut être vulnérable.

Quels sont vos objectifs pour Elvest ?
Alors que nous sommes aujourd’hui bien implantés dans l’univers des cabinets de CGP et family offices avec plus de mille cinq cents distributeurs de nos solutions, l’enjeu est de nous adresser davantage aux investisseurs institutionnels. Nous le faisons déjà ponctuellement, comme avec le club deal sur le siège d’Orange à La Réunion, mais aussi pour un fonds conçu pour quatre caisses du Crédit agricole (Martinique, Réunion, Guyane et Mayotte), auquel ont également souscrit la Banque des territoires et notre groupe pour un montant total d’une trentaine de millions d’euros.