Portée par son fonds R-co Valor et ses stratégies obligataires, Rothschild & Co Asset Management est une maison de gestion prestigieuse appréciée des conseillers en gestion de patrimoine. Si elle s’appuie sur ses solutions historiques, la société étoffe régulièrement sa gamme, notamment via des fonds obligataires datés et des fonds actions thématiques. Entretien avec Fausto Trevisan, son directeur commercial France.
Investissement Conseils : Pourriez-vous nous rappeler les grandes caractéristiques de votre société de gestion ?
Fausto Trevisan : A fin décembre dernier, Rothschild & Co Asset Management comptait 45 milliards d’euros d’encours qui se répartissaient de la façon suivante : 51 % en solutions obligataires, 38 % en solutions internationales et flexibles, 11 % sur des fonds actions européennes, avec les gammes value et Net Zero, dont 10 % de cet ensemble en gestion en architecture ouverte (gestion sous mandat, fonds internes dédiés, fonds sur-mesure). A ces 45 milliards s’ajoutent 2 milliards d’euros pour lesquels nous sommes conseils. Ces actifs proviennent à 80 % de clients privés, via des intermédiaires financiers, CGP, réseaux financiers et banques privées. Notre société se distingue par l’autonomie laissée aux gérants pour exprimer leurs convictions et leur talent. Si les équipes de gestion se réunissent régulièrement au sein de notre comité stratégique, chacune reste libre de l’implémenter dans sa gestion. Si nous reposons sur une marque, cela ne nous empêche pas d’entretenir avec nos clients une grande proximité, que ce soit via notre équipe commerciale ou via nos gérants. Deux fois par an, nous organisons ainsi deux tournées « partenaires » dans dix à quinze villes. D’ailleurs, notre présence terrain va être renforcée avec l’arrivée d’un cinquième commercial sur le segment des CGP et family offices, qui couvrira la région Centre, d’Orléans à Clermont-Ferrand en passant par Limoges ou Tours.
Un mot sur votre collecte ?
L’an passé, elle a atteint 6 milliards d’euros. Sur trois ans, elle s’élève à 15 milliards d’euros. Par ailleurs, nous enregistrons une belle dynamique en dehors de l’Hexagone, puisque notre clientèle internationale représente désormais 68 % de la collecte. Plusieurs fonds ont profité de ces flux positifs. Notre fonds flexible R-co Valor a collecté 2,6 milliards d’euros et dépasse désormais les 10 milliards d’euros d’encours. Du côté des actions, certains fonds thématiques globaux, comme R-co Thematic Blockchain Global Equity, R-co Gold Mining et R-co Strategic Metals and Mining, un fonds récemment lancé et rapidement référencé en assurance-vie. Dans le contexte actuel, ces deux derniers fonds ont bénéficié de nombreuses marques d’intérêt : R-co Gold Mining est centré sur les mines d’or et les minières, tandis que R-co Strategic Metals and Mining investit dans des valeurs liées aux autres métaux, dits stratégiques, comme le cuivre, le cobalt, le lithium… Côté obligataire, R-co Conviction Credit Euro a enregistré 1,7 milliard d’euros de collecte pour un encours de plus de 5,3 milliards d’euros. D’autres fonds obligataires ont été plébiscités, comme R-co Valor Bond Opportunities, R-co Conviction High Yield Short Duration Euro, sans oublier nos fonds à échéance qui cumulent 6 milliards d’euros d’encours. Enfin, notons également une collecte de plus de 400 millions d’euros sur notre offre de fonds internes dédiés (FID), gestion sous mandat et fonds sur mesure.
Comment se positionne votre fonds phare R-co Valor ?
L’an passé, ce fonds a construit sa performance grâce à ses positions internationales, particulièrement sur les minières (aurifère et cuprifère), ainsi que sur les valeurs technologiques, des expositions qui sont toujours en place depuis le début de l’année. Le fonds dispose également d’une belle exposition sur l’Asie, en particulier la Chine (environ 19 %), tandis que l’Amérique du Nord constitue toujours le noyau dur du portefeuille. Récemment, il a repris du risque lors de la phase de correction des marchés. Sa poche de cash est ainsi passée de 3 à 2,5 milliards d’euros. En effet, sa stratégie a toujours consisté à ne pas céder à la panique et de profiter des opportunités lors des phases de décrochage, comme lors du Liberation Day. Il reste investi dans des valeurs et thématiques de croissance, où qu’elles soient dans le monde, sans biais de style structurel. S’il s’agit de notre véhicule le plus important en termes d’encours, nous privilégions pour nos partenaires CGP le fonds R-co Valor Balanced, moins volatil et qui correspond davantage à la clientèle patrimoniale. Créé en 2018, ce fonds associe l’exposition actions de R-co Valor, qui peut aller de 0 à 50 % et une exposition obligataire quasi-similaire au fonds R-co Conviction Credit Euro. Ses performances sont remarquées par les CGP, et le fonds approche désormais le milliard d’euros d’encours (933 millions à fin mars).
Du côté obligataire, pourriez-vous nous présenter les stratégies de vos fonds R-co Conviction Credit Euro et R-co Valor Bond Opportunities ?
R-co Conviction Credit Euro est une solution principalement investie en titres de qualité Investment Grade (80 %) et jusqu’à 10 % en titres High Yield et 10 % en titres non cotés, deux possibilités que les gérants utilisent à plein. Le fonds gère activement sa sensibilité aux taux, avec la possibilité d’aller de 0 à 8 ; mais, dans les faits, afin de ne pas détruire de valeur sur la poche crédit, sa sensibilité reste dans une bande proche de son indice de référence, entre 3 et 5. Pour sa part, R-co Valor Bond Opportunities a la capacité à s’exposer de façon plus large, tout en pouvant construire des stratégies alternatives permettant de stabiliser sa performance. En effet, son objectif est de délivrer une performance positive, quelles que soient les conditions de marché, tout en limitant sa volatilité à 5 % maximum.
Comptez-vous lancer de nouveaux fonds Buy and Hold ?
Tout à fait. Si actuellement nous disposons de deux fonds – à échéance 2029 sur le High Yield (R-co Target 2029 HY) et à échéance 2032 sur l’Investment Grade (R-co Target 2032 IG) –, nous envisageons de continuer à étoffer notre gamme avec de nouvelles solutions à échéance, tant sur les segments High Yield qu’Investment Grade. En effet, notre stratégie consiste à lancer deux fonds chaque année, avec une période de commercialisation d’un an. Ces fonds visent à capter des augmentations abruptes des rendements dès lors que nous les aurons identifiées. Sans avoir créé un fonds au préalable, nous ne pourrions saisir ces opportunités dans le cadre spécifique d’un fonds à échéance qui séduit de nombreux partenaires.
Quel regard portez-vous sur Value for Money ?
Il s’agit d’une règle qui, dans l’esprit, va dans le bon sens. Néanmoins, comme l’ensemble des gérants actifs, nous regrettons son implémentation. Nous faisons d’ailleurs partie d’un groupe de travail au sein de l’AFG afin que les modalités de sa mise en œuvre soient retravaillées. Dans le cadre de nos fonds sur mesure, nous avons revu nos frais, mais aussi renégocié les frais des fonds en portefeuille et intégré davantage d’ETF, sans que cela n’affecte la performance de nos fonds.
