Spécialiste des actions européennes, BDL Capital Management dispose d’une gamme de fonds appréciée des CGP, en particulier BDL Rempart et BDL Convictions. Olivier Mariscal, responsable du développement, et Laurent Chaudeurge, porte-parole de la gestion, nous présentent leurs convictions pour 2025, ainsi que BDL Entrepreneurs, un fonds sur les petites et moyennes valeurs récemment créé.
Investissement Conseils : Quelles sont vos perspectives en ce début d’année 2025 ?
Laurent Chaudeurge : Nos convictions sur les marchés se fondent, d’une part, sur le discours des entreprises, et d’autre part, sur les conséquences à attendre de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Tout d’abord, d’un point de vue macroéconomique, nos anticipations sont meilleures pour 2025. L’an passé, l’économie US s’est bien comportée : cette dynamique devrait se poursuivre, voire s’accélérer avec la victoire de Donald Trump. A l’inverse, la reprise n’a pas eu lieu en Europe l’an passé, mais devrait s’amorcer d’ici la fin de ce premier semestre. Enfin, le contexte est resté mauvais en Chine, voire s’est dégradé l’an passé. Si elle reste difficile, la situation chinoise devrait se stabiliser grâce au plan de relance gouvernemental. Dès lors, nous restons relativement écartés des sociétés exposées au marché chinois : seulement 4 % du chiffre d’affaires des valeurs en portefeuille est concerné, contre 8 % pour l’ensemble des sociétés européennes. Pour ces raisons, nous nous tenons à l’écart de la majorité des valeurs du luxe et du secteur automobile. En revanche, nous sommes positionnés sur les valeurs bancaires qui ont des profits élevés et résilients qu’elles redistribuent entièrement à leurs actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Elles représentent autour de 13 % de nos fonds. Nous sommes également favorables au secteur de la construction : toutes les entreprises considèrent que le point bas est désormais derrière nous, et nous observons les premiers signes de reprise en Europe, laquelle va être accentuée par la baisse des taux. Ces valeurs représentent actuellement plus de 10 % de nos portefeuilles également. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump devrait notamment engendrer une hausse des tarifs douaniers, un recul de l’immigration et des baisses d’impôt. Dans ce contexte, la baisse des taux initiée par la Fed semble en danger. D’ailleurs, ce ne sont plus dix, mais trois baisses de taux qui sont attendues par le marché cette année, contre 5,5 en Europe. S’agissant des tarifs douaniers, l’impact pour les valeurs européennes ne semble pas si important : seuls 3 à 4 % du chiffre d’affaires des sociétés cotées européennes est concerné (2 % pour nos fonds). Dès lors, nous mettons en place trois priorités d’investissement au sein de nos fonds :
- les sociétés européennes qui réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires aux USA, mais qui subissent une décote du fait d’être cotées en France (30 % de nos portefeuilles). Il s’agit, par exemple, de Rexel qui, selon nous, est décotée de 40 à 50 % si elle était listée aux Etats-Unis ;
- les sociétés qui génèrent beaucoup de cash-flow et qui redonnent de la valeur à leurs actionnaires (dividendes et rachats de titres), avec un rendement de l’ordre de 10 à 12 %. Dans ce cadre, nous disposons notamment de valeurs bancaires ou du secteur de la chimie ;
- et les sociétés en croissance sur des métiers résilients, mais qui ont connu un accident de parcours, à l’image de Philips ou de Heineken. Ces convictions sont mises en œuvre au travers de nos deux principaux fonds : BDL Convictions, un fonds actions européennes long only éligible au PEA, et BDL Rempart, un fonds long short. Ils sont concentrés autour de trente à trente-cinq valeurs, et gérés par une équipe de dix-sept analyses-gérants. Par ailleurs, nous disposons également du fonds BDL Transition, classifié article 9 SFDR, et qui, trois ans après son lancement, atteint 200 millions d’euros d’encours en fin d’année dernière. Il s’agit d’un fonds multithématique (nouvelle économie, bien-être, digital, etc.) qui plaît à l’ensemble de nos clients, institutionnels, CGP et banques privées.
Et sur BDL Rempart, votre fonds long short, sur quelles typologies de valeurs bâtissez-vous vos positions vendeuses ?
L. C. : Il s’agit des valeurs exposées au marché chinois, donc des valeurs industrielles, de consommation courante… En revanche, si nous nous écartons de l’automobile, nous n’avons pas bâti de position vendeuse car le secteur est très peu cher, et donc risqué à la fois à la vente et à l’achat…
Un mot sur vos encours ?
Olivier Mariscal : Nos actifs sous gestion s’élèvent à 2,5 milliards d’euros, équilibrés entre clientèle institutionnelle et wholesale, avec une collecte légèrement positive l’an passé, notamment sur la distribution auprès de la clientèle privée. D’ailleurs, nous avons conclu deux accords avec des banques privées, mais aussi noué des partenariats stratégiques avec cinq acteurs majeurs du marché des conseils en gestion de patrimoine. Il est en effet primordial pour nous de conclure des accords stratégiques avec ces consolidateurs du marché qui construisent leurs allocations avec une liste réduite de fonds. Par exemple, BDL Rempart est pour eux une brique de décorrélation et de diversification de leurs allocations. Une équipe est dédiée à ces structures, et nous nous devons de répondre à leurs attentes spécifiques, comme la création de parts dédiées. Alors que le marché des CGP et multi-family offices joue pour environ 20 % de nos encours, nous considérons que nous avons encore une belle marge de progression sur cette typologie de client. En effet, l’épargne des Français est aujourd’hui sous-investie en actions, seulement 5 %, contre 10 % pour les Européens, et entre 15 et 20 % pour les Anglo-Saxons. Or il s’agit d’une classe d’actifs liquide quotidiennement et réellement source de superformance sur le long terme. Pour cette année, nos perspectives sont bonnes car les produits de taux vont être moins attractifs, et les boosts sur les fonds en euro moins nombreux. Nous observons d’ailleurs que les investisseurs institutionnels s’orientent à nouveau vers les actions.
En ce début d’année, vous lancez le fonds BDL Entrepreneurs…
O. M. : Tout à fait, nous élargissons ainsi notre gamme avec ce fonds qui investit sur les petites et moyennes valeurs européennes (moins de trois milliards d’euros de capitalisation boursière) à un moment où leurs valorisations sont au plus bas. Nous suivions déjà ces valeurs, mais eu égard à la forte concentration de nos portefeuilles historiques, elles ne pouvaient y être intégrées pour des questions de gestion des risques. Ici, notre objectif sera toujours d’acheter des entreprises au bon prix et de construire une allocation autour de vingt à vingt-cinq titres représentant nos plus fortes convictions.
