Apicil Asset Management s'ouvre au marché des CGP

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Depuis peu, Apicil Asset Management a décidé d’accélérer sa croissance sur le marché des conseils en gestion de patrimoine.

Pour cela, la société s 'appuie sur son savoir-faire en matière de gestion obligataire, les fonds actions de Roche-Brune AM et une gamme de fonds de fonds diversifiés internationaux. Les explications avec son directeur général Bertrand Jounin.

Investissement Conseils: Depuis un an,  Apicil AM s’adresse au marché des CGP. Pour quelles raisons ?

Bertrand Jounin : Sur ce marché très concurrentiel, nous prétendons avoir notre place grâce à nos différentes expertises. En effet, notre structure est issue de la réunion de trois équipes de gestion : Legal & General AM, que nous avons acquise suite au rachat, en 2015, de Legal & General France, aujourd’hui devenu Gresham, et qui propose une gamme de fonds en architecture fermée à la banque privée; RocheBrune AM que nous avons acquis, en mars 2020, et qui via sa méthodologie de gestion Must propose une gamme de fonds actions géré avec conviction avec un biais sur les petites et moyennes capitalisations; et l’équipe de gestion de l’actif général d’Apicil qui bénéficie d’un historique de performance reconnu sur la Place.

Or, depuis quatre à cinq ans, nous avons décidé de « dérisquer » notre fonds en euro car il ne constitue pas l’avenir pour les épargnants. Pour autant, l’équipe de gestion n’a en rien perdu de son expertise qu’elle déploie désormais sur de nouveaux fonds obligataires. Au total, la société compte entre 10 et 11 Md€ d’encours, dont 8 Md€ de mandats gérés pour le groupe. Sur le reste, 500 M€ sont gérés pour l’Argic-Arcco. Le reste – environ 1,6 Md€ provient de clients externes.

Quel dispositif avezvous mis en place pour vos partenaires cabinets de CGP?

Nous collaborons avec Intencial Patrimoine, la plate-forme du groupe Apicil, en premier lieu, mais pas dans une logique exclusive, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Nous proposons, par exemple, des allocations d’actifs indicatives pour les différents réseaux d’Apicil. Pour accroître notre présence auprès des CGP, nous avons récemment recruté Laurent Rytlewski, en tant que responsable du développement, avec pour objectif de collecter entre 30 et 50 M€ cette année sur ce segment de marché.

Quelle est l’offre proposée en matière de gestion obligataire ?

Nous disposons de deux fonds. Le premier, Stratégie Rendement, SRRI3, était auparavant très benchmarké, a été repositionné comme un fonds « carte blanche » depuis un an, ses encours passant de 40 à 160 M€ depuis. 11 s’agit d’un fonds de fond de portefeuille, international disposant de larges marges de man’uvre pour en faire un fonds qui s ' adapte à toutes les conditions de marché et qui multiplie les sources de performance. Par exemple, sa sensibilité aux taux peut varier de – 2 à + 7.

Le second fonds, Stratégie Haut Rendement 2025, repose sur le savoir-faire de l’équipe de gestion en termes d’analyse de crédit. Ce fonds obligataire à échéance est un fonds que nous nommons Buy & Watch, puisque le risque de crédit est monitoré en permanence pendant toute la période de détention et qu’il s’autorise des arbitrages ponctuels de manière opportuniste. Il est investi en euro, sans risque de change.

Quels autres fonds distribuez-vous auprès des CGP?

Nous disposons de la gamme de fonds de Roche-Brune AM : Roche-Brune Euro Valeurs Responsables, Roche-Brune Euro PME, Roche-Brune Europe Actions. En outre, nous proposons également une gamme de fonds de fonds performants d’allocations mondiales, gérés par Camille Barbier, avec trois stratégies : Stratégie Monde (SRRI5, de 50 à 90 % d’actions), Stratégie Monde Equilibre (SRRI 4, de 30 à 50 % d’actions) et Stratégie Monde Défensif (SRRI 3, de 0 à 20 % d’actions). Ce sont des stratégies très lisibles bâties selon un process d’investissement top-down qui permet de définir la répartition entre les différentes classes d’actifs : actions/taux, puis les différents secteurs et zones géographiques à sur ou sous-pondérer. Beaucoup de fonds internes sont utilisés pour limiter les frais de gestion (car nous neutralisons l’empilement des frais) et les fonds externes sélectionnés.

Aussi, nous mettons à disposition des conseils en gestion de patrimoine notre savoir-faire en matière de gestion sous mandat qui est accessible à partir de 500 000 €. Elle repose sur un mixte entre nos fonds et des fonds externes, sans recours aux titres vifs. Par ailleurs, nous avons comme projet de proposer cette gestion sous mandat sur des produits structurés en début d’année prochaine, en partenariat avec Equitim qui a intégré le groupe en septembre 2019.

Quelle est votre politique en matière d’intégration des critères ESG ?

Nous sommes signataire des PRI de l’Onu. L’investissement socialement responsable est un domaine important pour notre groupe et nous faisons évoluer progressivement notre gamme vers la labellisation ISR, à l’exception de quelques stratégies où cela n’a pas de sens. Par exemple, nous avons fait évoluer le process du fonds Stratégie France ISR, un fonds qui était très benchmarké sur le Cac 40 qui, désormais, s’écarte des 20 % des entreprises les moins bien notées. Ce fonds reste très corrélé à son indice grâce au recours à un algorithme. En surpondérant les valeurs les plus ISR, il vise une légère surperformance, car ces valeurs profitent des flux des investisseurs et se révèlent plus pertinentes sur le long terme. Il est idéal pour des conseillers en gestion de patrimoine qui cherchent un fonds actions françaises ISR.

De son côté, Roche-Brune AM a développé son approche de l’ISR depuis plus de dix ans désormais, et nous apporte son savoir-faire que nous avons renforcé par des équipes quantitatives pour la sélection de valeurs et de fonds et la construction de nos reportings. Les process de sélection des gérants ont également été revus pour une prise en compte systématique des critères ESG.

Pourriez-vous faire de nouvelles acquisitions ?

Pourquoi pas ! Ce type d’opération s’envisage pour disposer d’expertises complémentaires et accroître le service rendu aux clients; et non pas pour faire la course à la taille.

I Propos recueillis par Benoît Descamps

(( Pour accroître notre présence auprès des conseils en gestion de patrimoine, nous avons récemment recruté Laurent Rytlewski en tant que responsable du développement, avec pour objectif de collecter entre 30 et 50 Md€ cette année sur ce segment de marché. W

L’investissement socialement responsable (ISR) est un domaine important pour notre groupe et nous faisons évoluer progressivement notre gamme vers la labellisation…

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