13
juillet 2020

Des offres porteuses de sens pour la clientèle des CGP

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Natixis Investment Managers commercialise désormais des fonds de son spécialiste ISR, Mirova, auprès des conseillers en gestion de patrimoine, ainsi que des solutions thématiques de son nouvel affilié, Thematics Asset Management. Entretien avec Aurélia Lovadina, directrice retail France de Natixis IM, et Mohammed Amor, directeur Général de Thematics AM.

Investissement Conseils : Pourquoi avoir créé Thematics AM au sein de Natixis IM ?

Aurélia Lovadina : La création de ce nouvel affilié vient combler un trou dans notre raquette puisque nous ne disposions pas d’une offre spécifique sur la gestion thématique globale. Désormais, avec Themactis Asset Management, nous nous appuyons sur une équipe expérimentée qui a géré jusqu’à 21 milliards d’euros chez Pictet, avec des personnalités connues et reconnues de tous les professionnels du marché. Mohammed Amor : Thematics AM a construit une gamme de fonds reposant sur des tendances structurelles, en développant une approche responsable tout au long du process d’investissement. Les critères environnement, social et responsable sont appréhendés dans une logique de gestion des risques. Ces thèmes sont évocateurs et acycliques, avec des perspectives de croissance supérieures à celles de l’économie mondiale sur les cinq à dix prochaines années, alors même que la croissance américaine donne des signes de faiblesse. Dès lors, ces stratégies thématiques actions ne sont plus considérées comme des investissements «  satellites  » et doivent, selon nous, être présentes structurellement dans tous les portefeuilles. Les gestions dites plus traditionnelles ne permettent plus aux investisseurs d’atteindre leurs objectifs de rendement, ils sont donc à la recherche de diversification et de nouvelles sources de performance. Nous sommes convaincus que le marché de la gestion thématique présente un grand potentiel de croissance. Mais attention aux effets de mode !

 

Quels sont ces thèmes d’investissement ?

Trois fonds ont été lancés fin décembre. Il s’agit de l’eau avec Thematics Water, de la sécurité avec Thematics Safety, et de l’intelligence artificielle et robotique avec Thematics AI and Robotics. Ces thèmes sont porteurs et bien compris de nos investisseurs. Nous les abordons par notre approche à forte conviction et de long terme. Ils disposent d’une croissance trois à quatre fois supérieure à celle de l’économie mondiale et, contrairement à un investissement sectoriel, sont très diversifiés tant sectoriellement que géographiquement. On retrouve des taux de croissance de long terme de 17 % pour l’intelligence artificielle et la robotique, 12 % pour la sécurité et 7 % pour l’eau. deux cents à trois cents valeurs composent actuellement nos univers d’investissement. 

L’ensemble de ces thématiques reposent sur l’identification de quatre forces primaires : tendances démographiques, rareté des ressources, progrès technologique et globalisation de l’économie, à partir desquels nous exprimons nos convictions de gestion pour capter la croissance séculaire des marchés. Il existe également le fonds Thematics Meta qui est le condensé de notre savoir-faire, et qui va investir de manière équipondérée dans chacun des trois thèmes, sans être un fonds de fonds.  Ces fonds thématiques ont tout leur sens, alors que les investisseurs n’ont plus une grande confiance dans les fonds flexibles, patrimoniaux ou long-short qui ont déçu en 2018.

 

Pourquoi avoir décidé de rejoindre Natixis IM ?

Cela était, pour nous, une opportunité de nous adosser à un leader mondial. Grâce à sa taille, Natixis IM nous permet de nous décharger du middle et du back-office, de la distribution et du trading. Nos gérants restent concentrés sur une seule chose : la gestion de leurs fonds. Par ailleurs, il s’agissait, pour l’équipe, de détenir une partie du capital, à savoir 50,1 %. Thematics AM est avant tout une aventure entrepreneuriale, portée par six hommes qui se connaissent depuis plus de dix ans : Arnaud Bisschop et Simon Gottelier, les gérants de Thematics Water, Frédéric Dupraz, cogérant de Thematics Safety, Karen Kharmandarian, notre directeur des investissements qui cogère Thematics AI & Robotics avec Nolan Hoffmeyer, et moi-même qui ait pris la direction générale de Thematics AM. Cette équipe a récemment accueilli Matthieu Rolin, ancien gérant du fonds Aviva Grandes Marques ISR, qui cogère le fonds Thematics Safety.

 

Tout comme les fonds de Thematics AM, vous avez décidé de distribuer via les CGP, des fonds d’un autre affilié, Mirova. Pourquoi ?

Mirova est un pionnier de la gestion ISR de conviction, et a vu ses encours passer de 3,6 milliards d’euros en décembre 2013 à 12,2 milliards d’euros à fin juin 2019. Son équipe est constituée de « puristes » de l’investissement socialement responsable, qui analysent chaque titre sur l’ensemble de la chaîne de valeur. La réglementation, mais aussi la demande des clients particuliers, nous ont conduit à référencer une offre auprès de la clientèle de CGP. La finance durable a connu une véritable montée en puissance depuis quelques années : les acteurs financiers ont pris conscience du rôle qu’ils peuvent jouer dans la lutte contre le dérèglement climatique. Plus de quatre-vingt-dix spécialistes, avec des profils complémentaires pour quatorze nationalités, collaborent au sein de Mirova : experts de la gestion thématique, ingénieurs, analystes financiers et extra-financiers qui dialoguent directement avec les entreprises. Mirova a été parmi les premières sociétés de gestion à mettre en place des indicateurs de mesure de ses investissements en termes d’impact environnemental (émission CO2) et d’impact social (création d’empois). Par exemple, Mirova affiche une empreinte carbone de 2°C sur l’ensemble de ses portefeuilles.

 

Dans la gamme de fonds de Mirova, quels fonds mettez-vous actuellement en avant ?

Il s’agit du fonds Mirova Europe Environmental Equity qui s’élève à plus de 700 millions d’euros d’encours. Ce fonds, très connu des investisseurs institutionnels, sélectionne des entreprises liées à la transition environnementale : énergie renouvelable, transport propre, bâtiment vert, efficacité énergétique industrielle, gestion durable des déchets et agriculture durable. Avec ce fonds, il est démontré qu’il est plus rentable pour une entreprise d’avoir une gestion positive de l’environnement : les sociétés qui appliquent ces enjeux incontournables sont les business models d’avenir. Le second fonds est Mirova Global Sustainable Equity Fund, un fonds actions internationales investissant dans des sociétés internationales qui développent des solutions aux problématiques de développement durable, sur toute la chaîne de valeur et sur l’ensemble des secteurs d’activité. Avec ces fonds, nous prouvons que donner du sens à un investissement est source de performance financière. ISR et performance ne sont pas antinomiques, bien au contraire.

 

Quels sont vos objectifs ?

Mirova a l’ambition de devenir un acteur de référence sur le marché européen. Les équipes commerciales de Natixis IM et la puissance de distribution du groupe BPCE seront des soutiens indéniables. Mirova renforce sa présence auprès des CGP et vise 20 Md€ d’encours, d’ici cinq ans, en continuant à miser sur l’innovation pour renforcer son offre auprès des clients institutionnels et retail, mais également en explorant de nouveaux territoires d’impact. Pour porter notre discours auprès des CGP, je m’appuie sur une équipe de quatre personnes composée de Maxime Vanneaux pour l’Est et Paris, Vladimir Vitoux pour l’Ouest et Paris, Dimitri Lafon pour le Sud et Bianka Koch pour la clientèle de courtiers.

 

❚ Propos recueillis par Benoît Descamps