Après une belle année de collecte en 2024 et avoir complété son offre avec le lancement de la SCPI MomenTime il y a quelques semaines, Arkéa REIM nourrit toujours d’importantes ambitions de développement, comme nous l’expose Yann Videcoq, son directeur général.
Investissement Conseils : Arkéa REIM est une société de gestion récente, mais qui grandit vite…
Yann Videcoq : Tout à fait, Arkéa REIM fêtera son quatrième anniversaire en juin prochain, mais a réellement démarré son activité début 2022. La création d’Arkéa REIM reposait sur la volonté du groupe Crédit mutuel Arkéa de disposer de sa propre société de gestion spécialisée dans l’immobilier et de ma volonté de déployer un projet entrepreneurial, et cela en constituant une offre visant à accompagner les transitions, d’où la labellisation de l’ensemble de nos véhicules ouverts. Cette philosophie d’investissement s’est tout d’abord traduite par le lancement de la SC Territoires Avenir qui dispose d’un biais marqué sur l’impact territorial, puisque 30 % de sa notation ISR repose sur cet aspect. Nous avons construit un portefeuille diversifié, investi dans le domaine de la santé ou de l’éducation par exemple. Nous avons également repris la gestion de la SC Silver Avenir qui avait été créée par Fédéral Finance Gestion, qui comptait alors 600 millions d’euros d’encours et affiche désormais plus de 800 millions d’euros. Nous sommes effectivement en forte croissance, avec 2,8 milliards d’euros d’encours répartis sur quatre fonds grand public et des clubs-deals que nous lançons selon les opportunités. Nous avons pu surfer sur le nouveau timing de marché – la crise immobilière –, pour saisir de belles opportunités d’investissement et lancer des solutions pouvant les capter et ainsi délivrer de belles performances à nos investisseurs. Ce succès s’explique également par notre distribution qui se veut le plus large possible, via le réseau de notre groupe, mais aussi les cabinets de conseils en gestion de patrimoine qui représentent, par exemple, 95 % des 430 millions d’euros collectés en 2024 sur notre SCPI Transitions Europe. En effet, les conseillers en gestion de patrimoine apprécient à la fois la capacité de nos fonds à investir sur un bon timing de marché, mais aussi l’expertise de notre équipe, composée de quatre personnes qui accompagnent quotidiennement nos partenaires CGP. Un espace de souscription digitalisé leur est proposé. Nous pouvons également les accompagner dans le financement de leurs opérations via les banques CFCAL ou encore CACF.
Comment avez-vous investi ces derniers mois ?
Notre politique d’investissement a été soutenue, sans recours à la dette, mais nous avons toujours cherché à nous orienter sur des actifs de qualité et de taille raisonnable, entre 10 et 50 millions d’euros. En effet, c’est l’une des leçons de la crise récente, ces biens sont ceux ayant le moins souffert d’un point de vue de la valorisation, car plus liquides. Nous investissons selon les opportunités de marché en étant très attentifs à la qualité du locataire car les SCPI sont avant tout des véhicules de rendement. Nous sommes particulièrement attentifs au commerce en ce moment. Nous avons récemment investi avec Transitions Europe, dans un centre commercial à Madrid pour un rendement de 7,5 % et qui aurait affiché un rendement de 5 % il y a cinq ans. Nous sommes aussi très attentifs au marché de la logistique où la demande locative est forte, mais où la construction reste faible en raison des contraintes liées à l’artificialisation des sols notamment. Dans le domaine de la santé, nous avons investi dans des laboratoires aux Pays-Bas, en Allemagne et en Irlande. Le marché du bureau retrouve aussi de l’intérêt. Nous venons par exemple de signer pour MomenTime une promesse pour un actif délivrant un rendement de 8 %, avec un bail ferme de neuf ans avec Enedis. Pour tous nos actifs, nous menons une stratégie « best-in-progress » qui consiste à accompagner les transitions. Diverses mesures d’amélioration des actifs sont conduites, comme la baisse des consommations énergétiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le soutien à la biodiversité (limite des tontes, plantation de haies, non-utilisation de produits phytosanitaires…) ou encore la mise en place de bornes de recharges électriques sur tous les sites en réponse aux besoins de nos locataires.
Pourriez-vous nous présenter vos deux SCPI, Transitions Europe et MomenTime ?
Transitions Europe a été la « star » du marché l’an passé, avec 430 millions d’euros de collecte, ce qui la place en tête du classement. Elle a délivré une belle performance de 8,25 %, après 8,16 % l’année précédente, ce qui prouve notre capacité à délivrer du rendement. Néanmoins, sur le long terme, l’objectif est de délivrer 6 à 6,5 % de rendement. Pour cette année, nous visons les 400 millions d’euros de collecte, pour autant d’acquisitions, et un rendement de 7 %. Sa stratégie d’investissement se veut très diversifiée (bureaux, Life science, logistique, éducation, locaux d’activités…), dans la zone euro (principalement l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et l’Irlande), hors France. De son côté, MomenTime a été créée, en décembre dernier, à la demande de nos investisseurs, pour être une SCPI complémentaire à Transitions Europe. MomenTime investit selon la même logique opportunité/diversification, mais dans des zones géographiques différentes, à savoir l’Europe du Nord, l’Angleterre et la France. Avec 25 millions d’euros collectés, notre lancement a été réussi. Cette année, notre objectif est de collecter 50 millions d’euros. Les conditions de souscription sont identiques pour les deux véhicules : le prix de la part est fixé à 200 euros, avec un minimum de souscription de cinq parts (soit 1 000 euros), et les coûts se composent notamment de 10 % de commission de souscription et 10 % de frais de gestion.
Un mot sur vos deux SCI accessibles via l’assurance-vie ?
Silver Avenir est notre plus ancien véhicule, qui a cinq ans désormais et qui compte 800 millions d’euros d’encours. Il repose sur une stratégie originale sur le marché résidentiel : le viager-bouquet (sans rente) et le démembrement de propriété. Très diversifié avec plus de cinq-cent-cinquante biens en portefeuille, ce fonds n’investit que sur des actifs résidentiels haut de gamme, avec une moyenne de 1,7 million d’euros de valeur (jusqu’à 16 millions d’euros), en région PACA (40 %), Ile-de-France (45 %) et le reste sur la zone balnéaire Atlantique. Silver Avenir est donc l’un des rares fonds qui permet d’investir sur le marché du résidentiel. Appréciée des CGP qui jouent pour les trois-quarts de sa collecte, cette société civile construit sa performance mécaniquement (4,03 % en 2024) et a affiché une belle résistance durant la crise, avec peu de baisses des valeurs d’expertise. En 2025, notre objectif est de collecter une cinquantaine de millions d’euros. Le viager s’est, quant à lui, « démocratisé » au sein de la clientèle des personnes les plus fortunées. Ces derniers n’hésitent plus à utiliser ce dispositif pour conserver leur résidence, tout en bénéficiant de liquidités. De son côté, Territoires Avenir est une société civile diversifiée créée en juin 2022. Lancée dans un bon timing également, elle affiche une performance de 4,58 % en 2024, et nous visons les 5 % pour 2025. Le véhicule représente 500 millions d’euros d’encours, et nous ciblons une collecte d’une centaine de millions d’euros cette année. Côté référencements, Silver Avenir est accessible actuellement chez Suravenir, Generali, Swiss Life et Spirica, tandis que Territoires Avenir est ouverte aux souscriptions chez Suravenir, Generali et Swiss Life.