La société d’assurances Afi-Esca a lancé le premier plan épargne avenir climat (PEAC) du marché, Active Sélection Avenir. Ce placement dédié aux jeunes est ici proposé dans l’enveloppe du contrat de capitalisation.
Mieux vaut tard que jamais. Attendu depuis l’été 2024, le premier PEAC du marché n’est pas venu d’une banque comme attendu, mais d’une compagnie d’assurances de taille modeste, Afi-Esca. Présenté comme le remplaçant du PER (plan d’épargne-retraite) pour mineurs (interdit à toute ouverture depuis 2024), le PEAC peut juridiquement prendre la forme d’un compte-titres ou d’un… contrat de capitalisation. C’est ce choix qui a été fait par Afi-Esca pour son plan nommé Active Sélection Avenir. Un choix qui sera dupliqué par d’autres enseignes dans les prochains mois (la Caisse d’épargne et les Banques populaires dès avril).
Un fonctionnement balisé
Rappelons d’abord le cadre. Réglementairement, le PEAC est plafonné à 22 950 euros de versements (montant pouvant être dépassé avec les gains, comme sur un livret A). Surtout, il est réservé aux jeunes de moins de 21 ans (signature des représentants légaux pour une souscription avant ses 18 ans), avec une clôture du plan à 30 ans au plus tard. Autre précision : un jeune ne peut détenir qu’un seul PEAC. Côté gestion financière, les versements seront « affectés à l’acquisition de titres financiers qui contribuent au financement de la transition écologique », avec un « faible niveau d’exposition aux risques ». Par défaut, comme dans le PER, une gestion pilotée à horizon est de mise avec une sécurisation progressive du capital en fonction de l’âge (possibilité d’y renoncer pour une gestion libre, toutefois). Autre point clé : il est impossible de récupérer les fonds investis jusqu’à la majorité du titulaire, sauf cas spécifiques (invalidité de l’enfant, décès des parents). A 18 ans, des retraits seront possibles sous réserve que le PEAC ait au moins cinq ans d’âge, mais sans reversement possible. Reste la fiscalité : les gains seront exonérés de taxation à la sortie, y compris de prélèvements sociaux. Le 4 décembre dernier, le décret n° 2020-1125 est venu préciser les obligations déclaratives des organismes gestionnaires d’un PEAC sur ce point. Il était temps…
Le choix de la simplicité
Sur le papier, il s’agit donc d’inciter les parents à constituer une épargne de long terme à leurs enfants tout en contribuant au financement d’une économie plus « verte ». En pratique, face aux contraintes précitées, l’engouement du marché est bien timide. Les établissements financiers ont toutefois trois leviers principaux sur lesquels agir : l’enveloppe juridique du plan, ses frais, son offre financière. En tant qu’assureur, Afi-Esca s’est logiquement porté sur le contrat de capitalisation pour y loger son PEAC. La construction technique est similaire à celle de l’assurance-vie, avec un traitement différent au décès seulement. Ce choix du contrat de capitalisation rend aussi possible l’inclusion du fonds en euros comme support sécuritaire. Côté tarification, Active Sélection Avenir affiche des frais d’entrée à la main du courtier distributeur et des frais de gestion de 1,20 % par an, majorés de 0,40 % avec la gestion à horizon. A noter, pour tout PEAC : les frais liés au transfert du plan sont au plus de 1 % les cinq premières années suivant son ouverture, nuls ensuite ou si le jeune est devenu majeur. Reste le cadre financier. « Nous avons opté pour un univers simple, avec un seul profil prudent pour la gestion à horizon, en phase avec la philosophie du contrat, dans lequel l’assureur combine le fonds en euros (2,60 % net en 2024, hors bonus), avec trois UC labellisées Greenfin (un fonds actions et deux fonds obligataires), indique David Teichmann, responsable marketing épargne d’Afi-Esca. La sécurisation du capital s’effectue par paliers chaque année pour aboutir à 100 % sur le fonds en euros aux 28 ans du titulaire. En gestion libre, le souscripteur a accès à une gamme de six UC exclusivement Greenfin et au fonds en euros. » Rappel : le label Greefin exclut les secteurs d’activité du nucléaire et des énergies fossiles, contrairement au label ISR.
Rajeunir la clientèle
Concernant la distribution du plan, l’assureur s’appuie sur sa société de courtage d’assurances Afi-Esca Patrimoine, qui travaille avec des centaines de courtiers partenaires. Même s’il suscite une certaine indifférence sur le marché et tient mal la comparaison face à l’assurance-vie, une enveloppe bien plus souple accessible aux mineurs, le PEAC pourrait trouver sa place chez les courtiers ou CGP. « Il permet d’étendre leur gamme de produits avec un contrat spécifique pour les jeunes, soutient David Teichmann. C’est aussi l’occasion d’équiper l’ensemble d’un foyer, de s’adresser aux grands-parents pour alimenter le contrat, et à l’arrivée de rajeunir la clientèle en s’inscrivant dans la durée. Pour un courtier, les jeunes ouvrant un PEAC seront leurs clients de demain. » C’est sans doute avec la mise en place de versements programmés, sans oublier les présents d’usage à des occasions spécifiques (anniversaire par exemple), notamment ceux réalisés par les grands-parents, que ce placement réussira son implantation. C’est, en somme, le message passé par Afi-Esca, compagnie indépendante fondée en 1923 à Strasbourg par la famille Burrus.