Avec 13 millions de détenteurs, le PER fait carton plein. Mais les montants gérés restent limités et la connaissance partielle du produit est confirmée au fil des sondages. Après six années de pleine commercialisation, dresser un bilan chiffré du PER fait sens. Selon les données du ministère de l’Économie, ce produit financier atteignait, fin 2025, quelque 150,4 milliards d’euros sous gestion. Il comptait en outre quelque 12,9 millions de titulaires. Ces deux estimations solides sont issues des chiffres compilés par les fédérations professionnelles distribuant des PER (FA, AFG, FNMF et FIPS). Dans le détail, cette manne concerne avant tout les PER individuels (88,5 milliards d’euros d’encours, soit +21 % en 2025). Suivent les PER d’entreprise – collectifs (33,86 milliards, soit +22 % en 2025) et les PER obligatoires (28,04 milliards, soit +13 % en 2025). « Le PER franchit un seuil symbolique avec plus de 150 milliards d’encours, a commenté Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle énergétique et numérique. Le succès du PER est également une très bonne nouvelle pour le financement de long terme de nos entreprises, notamment européennes. » Sur ce point, plus de 60 % des actifs du PER financeraient directement les entreprises, dont plus de 5 milliards en actifs non cotés.
Montant moyen sous les 12 000 euros
Brillants, ces chiffres doivent toutefois être relativisés. Si le succès commercial du PER est certain, il repose aussi, pour partie, sur des transferts d’ex-produits retraite. Surtout, les encours de l’épargne-retraite sont encore assez modestes. Avec en moyenne 11 659 euros par PER, les actifs sont loin d’avoir constitué un capital suffisant pour leur future retraite (qui durera en moyenne vingt à vingt-cinq ans). Signe évident que la retraite par capitalisation tarde à grossir, même si selon le dernier Observatoire de BPCE assurances (printemps 2026), 53 % des Français sont « favorables à l’introduction de la capitalisation pour financer les retraites ». Ce à quoi répond déjà le PER (même s’il n’existe aucune obligation d’y cotiser, hors PER obligatoire d’entreprise). Mais ce produit est-il vraiment utilisé à cet effet ? On peut en douter. Une étude de Meilleurtaux Placement avec YouGov (2 040 personnes interrogées en ligne, novembre 2025) indique que le PER est perçu comme l’un des produits de défiscalisation les plus intéressants actuellement. « La possibilité de réduire ses impôts grâce au PER est – après l’aspect de préparation de la retraite (46 %) – le second avantage le plus cité par les répondants, dans 27 % des cas », souligne Patrick Thiberge, président de Meilleurtaux Placement.
Méconnaissance et blocages
Ce sondage pointe aussi la maîtrise encore très partielle du PER par nombre de Français ? Ainsi 51 % des sondés ont déjà entendu parler du PER sans pouvoir expliquer de quoi il retourne. Seul un tiers des sondés s’est dit en mesure de le faire. 30 % des personnes interrogées étaient en outre incapables de citer un seul avantage du PER. Enfin, les écueils à son développement sont multiples, principalement le blocage de l’argent jusqu’à la retraite (34 % des sondés), la fiscalité trop lourde à la sortie (20 %) ou encore les frais du produit (17 %). « Ces freins existent, mais peuvent être largement jugulés, analyse Patrick Thiberge. Le blocage de l’argent jusqu’à la retraite, même s’il bénéficie d’exceptions, plaide pour des versements avec un montant raisonnable mais régulier, au plus tôt dans la vie active. Les frais sont largement évitables en choisissant des bons contrats en ligne. Quant à la fiscalité à la sortie, elle est à relativiser car le départ à la retraite s’accompagne en général d’une baisse de rémunération et donc de sa tranche marginale d’imposition. »
PER : un bilan en demi-teinte
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