Radiographie d’un marché florissant

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22,8 milliards d’euros. C’est le montant de la collecte nette enregistrée sur le marché de l’assurance-vie en 2024, son plus haut niveau depuis 2011, selon une synthèse publiée par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).

Au vu du démarrage sur les deux premiers mois de 2025, ce record pourrait être battu dès cette année. « Cette performance reflète en premier lieu des primes élevées et en second lieu une diminution sensible des rachats » indique l’étude. Dans le détail, la collecte nette est restée négative sur les fonds en euros, à - 2,7 milliards d’euros, alors qu’elle a atteint 25,5 milliards sur les unités de compte (UC). Au vu des chiffres de l’ACPR, ce sont les bancassureurs qui ont principalement tiré profit de cette embellie, avec une collecte nette de 20 milliards d’euros sur les UC. Et l’étude de conclure : « Au total, la collecte nette totale des bancassureurs a été positive (+ 24,6 milliards d’euros), contrairement à celle des autres organismes d’assurance (- 1,8 milliards d’euros) ». Comme dit, le recul des prestations est aussi un élément explicatif de cette bonne santé du marché. Les rachats ont baissé de 11 % en 2024, ce que l’ACPR explique par « les bonnes performances des UC et par des taux de revalorisation des supports euros, annoncés début 2024, en hausse pour l’année 2023 ». Comme prévu, le rendement moyen des fonds en euros pour 2024 a atterri à 2,60 % net de frais (avant prélèvements sociaux) selon l’estimation de l’ACPR. Un taux identique est annoncé du côté de France assureurs, qui donne par ailleurs une performance moyenne de 4,10 % sur les UC. Ce dernier élément est toutefois à prendre avec des pincettes, puisqu’il regroupe des supports aux degrés de risque très élastiques (contrairement aux fonds en euros). Même si les données de France assureurs divergent quelque peu de celles de l’ACPR sur les niveaux de collecte brute et nette, la tendance est identique. Idem sur les produits d’épargne-retraite. Selon France assureurs, la collecte nette sur les plans d’épargne-retraite (PER) a frôlé les 10 milliards d’euros l’an dernier, aux trois-quarts sur des UC. Fin 2024, on comptait quelque 6,9 millions de détenteurs d’un PER assurantiel (3,8 millions par souscription, 3,1 millions par transfert d’ex-produits retraite). Autre élément instructif : 73 % des PER assurantiels sont des produits individuels, 22 % des PER obligatoires d’entreprises, le reste étant des PER assurantiels collectifs (épargne salariale).
Radiographie 01